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    L’agriculture, plus que jamais

Tisser des liens en parlant de sa santé mentale

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Chacun d’entre nous désire foncièrement entrer en relation avec les autres. Nous avons tous besoin d’établir des liens et d’éprouver un sentiment d’appartenance. Dans le cadre de ses recherches sur la honte, Brené Brown, Ph.D. a cerné l’importance d’être en relation avec les autres : « Nous sommes faits pour les relations. Le besoin d’entrer en contact avec autrui est profondément ancré en nous, c’est ce qui donne du sens à notre vie. Sans cela, nous souffrons. »

D’ailleurs, le nombre d’agriculteurs qui parlent publiquement de leur santé mentale augmente lentement. Mais pourquoi? À quoi bon partager des histoires si personnelles sur soi, parfois même à un groupe de parfaits étrangers?

La réponse est simple : pour tisser des liens.

Exprimez-vous et tissez des liens

Il peut être très difficile de parler franchement de l’agriculture et de ses répercussions sur la santé mentale. Les consommateurs n’ont jamais été si éloignés des fermes; il n’est donc pas étonnant que leurs connaissances et leurs opinions au sujet du quotidien des agriculteurs reflètent ce profond clivage.

Tim May, mieux connu en ligne sous le nom de « Farmer Tim », est un producteur laitier de l’Ontario qui s’est donné pour mission de réduire cet écart entre les agriculteurs et les consommateurs. « En gros, c’est ce que je fais, résume Tim. Je cherche à inspirer confiance aux consommateurs en leur montrant que nous avons bien plus de choses en commun qu’il n’y paraît. » Aux plus de 40 000 personnes qui le suivent, Tim parle de sa vie à la ferme, y compris de ses émotions et des conséquences de l’agriculture sur sa santé mentale. « Je rappelle aux gens que je suis aussi un consommateur. Je vais à l’épicerie, j’ai une famille, et je vis aussi de bonnes et de mauvaises journées. J’ai remarqué que certaines de mes publications à propos des “mauvaises journées” sont les plus populaires, parce que les gens ont de l’empathie. Mais en même temps, je ne veux pas que les gens me prennent en pitié. Je veux leur montrer que, même si mon métier me passionne, en tant qu’agriculteur, j’ai des facteurs de stress à gérer que d’autres n’ont pas. »

Les conversations difficiles sont les plus édifiantes. Bien sûr, la santé mentale est un sujet délicat, mais ce faisant, nous ramenons les consommateurs à l’essentiel, soit que nous sommes aussi vulnérables, et qu’il est plus facile qu’on le pense d’établir des liens avec les agriculteurs et de s’identifier à eux.

Tim May, producteur laitier, partage ses bons moments ainsi que ses moment difficiles avec plus de 40,000 abonnés. Photo : gracieuseté.

Nous traversons tous des périodes difficiles

La santé mentale est un point commun qui peut rassembler les gens, peu importe leur travail ou leur lieu de résidence. Spécialiste en marketing, conférencière et céréalicultrice de la Saskatchewan, Lesley Kelly est cofondatrice de la fondation Do More Ag. Elle explique qu’elle commence ses conférences pour les agriculteurs ou les consommateurs en mentionnant le problème dont personne n’ose parler. « Je commence par souligner à quel point la santé mentale est un sujet tabou. Puis j’explique que le malaise vient du fait que nous n’en parlons pas, et que nous avons appris que c’est ainsi que ça devrait être. On nous a appris qu’il est “normal” d’éprouver des hauts niveaux de stress, souvent à chaque jour, alors qu’il existe des moyens de gérer et réduire tout ça. »

Lesley Kelly, productrice de grandes cultures, croit que la santé mentale nous unit. Photo : gracieuseté.

Lesley remarque que la stigmatisation entourant la santé mentale s’estompe lentement, à mesure que le nombre d’agriculteurs qui s’expriment au sujet de leurs difficultés augmente. « La santé mentale nous unit. L’expérience vécue par un avocat qui travaille au centre-ville de Toronto peut être semblable à celle d’un agriculteur de la Saskatchewan; les deux personnes ne savent tout simplement pas comment exprimer leurs émotions. C’est un problème de taille, mais je crois qu’on peut le résoudre. »

Ainsi, lorsque vous parlez de votre santé mentale dans les médias sociaux ou en personne, vous contribuez à réduire l’écart entre les consommateurs et les agriculteurs, ce qui aide tout le monde à prendre conscience que nous partageons les mêmes expériences.

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