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    L’agriculture, plus que jamais

Profil d’une agbassadrice : Julaine Treur

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Une productrice laitière de la Colombie-Britannique rassure les consommateurs sur le traitement des animaux en racontant de vraies anecdotes sur la vie à la ferme.

Agvocate-profile-julaine-truerJulaine Treur est mère de quatre jeunes enfants, employeuse de deux travailleurs agricoles à temps partiel et productrice de lait biologique dans une ferme de 72 acres abritant 90 vaches dans la luxuriante et fertile vallée du Fraser. Elle a accepté l’invitation à parler d’agriculture lorsqu’elle a pris conscience de l’ampleur de la désinformation des consommateurs au sujet de son secteur d’activité.

Bien que les employés à temps partiel aident à traire les animaux et à les nourrir l’après-midi, Julaine et son mari Johannes s’acquittent du reste du travail agricole 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pourtant, elle trouve le temps d’écrire, d’entretenir un blogue et de faire de l’agripromotion.


Pourquoi faites-vous de l’agripromotion?

J’ai visionné une vidéo au sujet d’une famille possédant une ferme laitière près d’ici. C’était une vidéo magnifique, qui présentait les agriculteurs comme des intendants de leur terre et de leurs animaux. Mais j’ai été horrifiée de voir de nombreux commentaires très négatifs sous cette vidéo, des commentaires accusant les producteurs laitiers de viol, de maltraitance, de meurtre et d’autres sévices. Je ne savais pas qu’il y avait des gens qui croyaient vraiment à ce genre de choses et encore moins qu’ils essayaient de répandre ces mythes et mensonges au sujet de l’industrie laitière.

J’ai créé notre page Facebook et j’ai commencé à partager des photos et des anecdotes au sujet de la vie dans notre ferme laitière. J’ai été si étonnée des réactions! Les consommateurs étaient curieux d’en apprendre davantage au sujet de la production laitière et j’ai reçu de nombreux remerciements et messages de reconnaissance.

Ma plus grande motivation provient de la lecture de commentaires ou de messages d’abonnés qui avaient des doutes au sujet de l’industrie laitière, mais qui, après avoir consulté ma page et avoir interagi avec moi, sont rassurés quant à l’aspect humain et éthique de la production laitière.

Comment faites-vous de l’agripromotion?

J’effectue la majeure partie de mon travail d’agbassadrice à partir de la page Facebook de Creekside Dairy. Je partage régulièrement des anecdotes et des photos de la vie à la ferme ou des renseignements au sujet des enjeux de l’industrie (la gestion de l’offre, par exemple). Je rédige également des billets de blogue sur des sujets qui me passionnent et qui demandent des explications plus longues. J’utilise Instagram, mais je ne suis pas encore très à l’aise avec cette application. Je trouve que Twitter est génial pour interagir avec d’autres agriculteurs et pour me tenir au fait de ce qui est nouveau et intéressant dans le monde de l’agriculture.

J’écris également des articles pour divers magazines et organismes agricoles, et je suis très heureuse d’avoir récemment été élue au comité consultatif sur les produits spécialisés du B.C. Milk Marketing Board pour un mandat de trois ans.

Parlez-moi de quelque chose que vous avez essayé et qui fonctionne bien.

Les vidéos sont incroyablement populaires sur ma page Facebook. À titre de preuve : le mercredi 30 mars, nos vaches sont allées paître pour la première fois ce printemps. Je les ai filmées et, en 24 heures, la vidéo avait été visionnée 12 000 fois, avait rejoint plus de 30 000 personnes, avait été partagée plus de 130 fois et avait suscité beaucoup plus de commentaires que j’en reçois normalement, y compris de la part de consommateurs qui n’ont rien à voir avec l’agriculture!

Un mois plus tard, cette vidéo avait été visionnée 33 000 fois, partagée plus de 400 fois et avait rejoint plus de 90 000 personnes, ce qui en fait ma publication la plus populaire à ce jour.

Je me fais aussi un devoir de répondre à tous les commentaires, qu’ils soient positifs ou négatifs. Je trouve que cela permet d’établir un lien et de développer une relation de confiance avec mes lecteurs.

Pendant un certain temps, j’ai essayé de suivre un calendrier afin de publier du nouveau contenu trois fois par semaine. Cela ne fonctionnait pas pour moi. Mes textes étaient guindés et froids. C’est lorsque je me passionne pour mon sujet que j’écris le mieux, ce qui signifie souvent que je publie de façon un peu sporadique. Ceci étant dit, je m’efforce de publier au moins une fois par semaine, même si c’est seulement pour partager les publications d’un autre agbassadeur. Je ne veux pas que mes abonnés m’oublient! (Et puis il y a ce fâcheux algorithme de Facebook qui semble pénaliser les utilisateurs en n’affichant pas leurs publications s’ils ne publient pas assez régulièrement.)

Quel conseil donneriez-vous aux autres agbassadeurs?

Soyez polis. Nos premières réactions pourraient être de la colère et du ressentiment en présence de données fausses et trompeuses au sujet de l’agriculture, mais nous devons refouler cette colère et réagir de façon respectueuse et civilisée. L’outrage et le mécontentement n’attirent pas de soutien, mais des réponses polies et bien réfléchies susciteront le respect et ajouteront foi à vos propos.

Faites preuve d’acceptation. Prenez conscience du fait que toutes les fermes et tous les agriculteurs ne sont pas pareils. Rabaisser ou déprécier les autres types de fermes ou d’agriculteurs n’incitera pas les consommateurs à faire confiance à l’industrie.

Nous devons nous serrer les coudes, peu importe que nous pratiquions l’agriculture biologique ou traditionnelle, que nous gardions nos bêtes dans des stalles entravées ou des logettes ou que nos troupeaux soient nourris au pâturage ou à l’étable; aucune de ces caractéristiques ne rend une ferme meilleure qu’une autre. Elles nous rendent simplement différents. Décrivez vos pratiques agricoles et laissez les autres agriculteurs raconter leurs propres histoires.

Qu’avez-vous appris?

J’ai appris que les consommateurs s’intéressent beaucoup à ce qui se passe derrière les portes de nos granges, métaphoriquement parlant. Même la plus simple des tâches est captivante pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une vraie ferme. J’ai appris à assumer et à partager l’enthousiasme naturel et exubérant que j’éprouve pour notre mode de vie. Les consommateurs réagissent bien lorsqu’un agriculteur montre un véritable amour de l’agriculture et des animaux.

Que signifie être agbassadrice pour vous?

Être agbassadrice, c’est être passionnée. Il faut adorer l’agriculture, mais aussi adorer enseigner aux autres, tout particulièrement les consommateurs, comment les choses se passent dans notre ferme familiale. L’agripromotion réunit les deux activités que je préfère : l’agriculture et interagir avec les autres.


Julaine cowsMalgré son emploi du temps chargé avec sa famille et sa ferme laitière, pour Julaine il est prioritaire de s’adresser aux consommateurs et de raconter son histoire. Le travail qu’elle effectue sur son blogue et dans les médias sociaux témoigne de son respect pour ceux et celles qui souhaitent mieux comprendre l’agriculture, de sa passion pour l’industrie et de son engagement à faire le pont entre les deux.

Suivez Julaine en anglais sur Twitter et Instagram @creeksidedairy, ou abonnez-vous à la page Facebook de Creekside Dairy. Elle publie également son blogue (en anglais seulement) à l’adresse InUdderNews.com.

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